Quitter l'électriquesans tout casser
À L'Abbaye et au Pont, une maison sur six environ est chauffée par une chaudière électrique. C'est une mauvaise nouvelle sur la facture, et une excellente nouvelle pour le chantier.
Le mot juste change tout : central, pas direct
Dans le canton de Vaud, on parle beaucoup du chauffage électrique. Encore faut-il savoir de quoi. Deux installations très différentes portent ce nom, et elles ne donnent pas du tout le même chantier.
Le chauffage électrique direct, ce sont des convecteurs muraux, un sol ou un plafond chauffant électrique : aucun tuyau d'eau chaude dans la maison. Convertir ce type de bâtiment veut dire créer de toutes pièces un réseau de distribution — percements, planchers ouverts, corps de chauffe, vase d'expansion. C'est faisable, c'est même soutenu par le canton, mais c'est un gros chantier. Et ici, c'est un cas rare : le registre fédéral des bâtiments en recense huit sur environ deux mille cent bâtiments d'habitation dans la vallée.
Le chauffage central électrique, lui, est tout autre chose : une chaudière électrique en sous-sol chauffe de l'eau, et cette eau part dans des radiateurs comme le ferait une chaudière à mazout. On en compte environ cent trente-cinq dans la vallée, et ils sont concentrés : ils représentent près de 17 % du parc de bâtiments de L'Abbaye (1344, canton de Vaud) et environ 14 % de celui du Pont (1342). Deux villages du bord du lac, à quelques minutes l'un de l'autre, où cette question se pose dans presque chaque rue.
Si vous êtes dans ce second cas, retenez une seule chose de cette page : votre circuit d'eau est déjà là. Les radiateurs, les tuyaux, les vannes, la place au sous-sol : tout existe. C'est, de très loin, le remplacement le plus simple de toute la vallée.
Pourquoi c'est le chantier le plus simple d'ici
Une chaudière électrique se dépose en une matinée. Elle n'a ni cheminée à condamner, ni citerne à faire dégazer et découper, ni local à dépolluer. Là où le remplacement d'une installation à mazout traîne toujours un poste de démantèlement, le vôtre part quasiment à zéro : la pompe à chaleur se raccorde sur les mêmes départs, et le local libéré devient souvent l'endroit idéal pour le ballon d'eau chaude.
Le vrai sujet est ailleurs, et il est honnête de le dire : c'est la température de départ de votre circuit. Une chaudière électrique se moque de chauffer l'eau très haut ; une pompe à chaleur, non — plus elle chauffe haut, plus elle consomme. Un installateur sérieux commence donc par regarder vos radiateurs : leur nombre, leur surface, la taille des pièces. Il arrive qu'il faille en remplacer deux ou trois dans les pièces les plus froides, ce qui reste sans commune mesure avec la création d'un réseau complet. Le guide sur le choix entre radiateurs et chauffage au sol explique comment cet arbitrage se fait.
Second point de vigilance, propre à la vallée : l'électricité que vous économisez n'est pas une petite ligne. Une chaudière électrique consomme, pour produire un kilowattheure de chaleur, à peu près un kilowattheure d'électricité. Une pompe à chaleur bien posée en produit plusieurs pour un. Nous ne chiffrons aucune promesse d'économie sur ce site — cela dépend de votre maison, de votre tarif et de votre usage — mais l'ordre de grandeur du levier, lui, n'est pas discutable, et il est d'autant plus fort ici que la saison de chauffe y est longue.
Le DACCE, et ce qu'il dit vraiment
C'est le sujet sur lequel on entend le plus de bêtises, souvent au téléphone, souvent avec un ton pressant. Remettons les choses à plat.
Le décret vaudois sur l'assainissement des chauffages et chauffe-eau électriques, le DACCE (BLV 730.051), est en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Il impose d'assainir les chauffages et chauffe-eau électriques, centralisés comme décentralisés, d'ici au 1er janvier 2033. On lit souvent que les chauffages électriques seront interdits à cette date : c'est faux. Le décret impose un assainissement, il ne vous retire pas le droit de posséder votre installation. La nuance a l'air juridique ; elle est surtout pratique, parce qu'elle change le calendrier que vous devez tenir. Le canton indique que quelque vingt-deux mille logements vaudois sont concernés.
Deuxième fait, et il est peu connu : la directive d'application est suspendue à la suite d'un recours déposé en janvier 2025. Le décret et le devoir d'annonce, eux, restent pleinement en vigueur — c'est le canton qui l'écrit. Conséquence très concrète : aujourd'hui, l'administration ne délivre ni attestation, ni dérogation, ni prolongation, et les formulaires correspondants ne sont pas encore en ligne. Si un démarcheur vous promet d'obtenir un report, il vous vend quelque chose qui n'existe pas. Notre guide sur le démarchage téléphonique détaille les arguments qui devraient vous faire raccrocher.
Troisième fait : le devoir d'annonce spontanée de votre installation à la Direction de l'énergie. Le canton demandait de s'annoncer d'ici au 30 juin 2025. Ce délai est passé, mais l'obligation, elle, n'a pas disparu. Le guide consacré à ce cas précis reprend chaque étape dans l'ordre.
Direct ou central : ce qui vous attend
| Ce que vous avez. | Le chantier. | La mesure cantonale. |
|---|---|---|
| Une chaudière électrique et des radiateurs à eau. | Dépose de la chaudière, pose de la machine, raccordement sur le circuit existant. | M-05 en air-eau, M-06 sur sonde ou sur eau. |
| Des convecteurs muraux, sans aucun tuyau d'eau. | Création complète d'un réseau de distribution, puis pose de la machine. | IP-19, cumulable avec les autres mesures. |
| Un chauffage au sol électrique impossible à déposer. | Il doit être déconnecté définitivement de l'alimentation électrique. | Prévu tel quel dans les conditions de la mesure IP-19. |
| Un chauffe-eau électrique seul. | Il entre aussi dans le champ du décret : ne le traitez pas séparément. | Voir la page dédiée au chauffe-eau thermodynamique. |
Un mot sur l'eau chaude, justement : beaucoup de maisons de la vallée cumulent une chaudière électrique et un boiler électrique indépendant. Les traiter en même temps évite de payer deux fois la main-d'œuvre, et une pompe à chaleur correctement dimensionnée assure les deux. La page sur le chauffe-eau thermodynamique décrit l'alternative quand seul le boiler est en cause.
Les aides, et l'ordre des étapes
La mesure M-05 du Programme Bâtiments vise le remplacement d'un chauffage à mazout, au gaz naturel ou d'un chauffage électrique fixe par une pompe à chaleur air-eau de 70 kW ou moins. Votre chaudière électrique entre donc bien dans le champ du soutien cantonal. Deux réflexes valent de l'argent.
Le premier : attendre l'approbation avant de commencer. Le canton écrit qu'aucune subvention ne peut être octroyée si les travaux ont déjà débuté et que la demande doit avoir été approuvée avant leur lancement. Le simple dépôt ne suffit pas. Tout est détaillé sur notre page dédiée aux aides et à leur procédure.
Le second concerne l'altitude, et il est propre à nos douze localités. Pour la subvention d'une air-eau, la fiche M-05 demande à un bâtiment construit avant l'an 2000 et situé à plus de 1000 m une classe CECB de l'enveloppe entre A et C, alors qu'ailleurs dans le canton A à E suffit. La fiche M-06, qui vise les machines sur sonde ou sur eau, ne contient pas cette clause. À ne pas confondre avec la procédure d'annonce à la commune, où les restrictions d'altitude sont levées depuis le 1er janvier 2026. Deux régimes, un seul chiffre — c'est le piège local par excellence.
Avant de commander quoi que ce soit, une question de plus se pose ici, et elle passe avant le choix de la machine : votre rue est-elle desservie par l'une des quatre chaufferies au bois de la vallée ? Dans ce cas, l'article 25 alinéa 2 de la loi vaudoise sur l'énergie permet à l'autorité d'exiger le raccordement lorsque le chauffage subit une transformation importante, ce qu'est un remplacement. Cela se vérifie auprès de votre commune, et cela se vérifie avant le devis, pas après.
Enfin, si votre machine fait 15 kW ou moins, la certification « PAC système-module » conditionne le versement de l'aide. Ce n'est pas une condition de validité de l'installation, seulement de subvention — mais elle se contrôle à la fin du chantier, donc elle se décide au moment de choisir le matériel. Notre installateur partenaire en tient compte au devis, et la page consacrée aux machines air-eau explique le reste du choix technique.
IMI Industrie
IMI Sàrl
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CHE-316.232.256
Qui viendra chez vous
Les demandes déposées sur ce site partent chez IMI Industrie (IMI Sàrl), entreprise lausannoise inscrite au registre du commerce sous le n° CHE-316.232.256, dirigée par son fondateur Ibrahim Berisha.
Vingt ans de métier, et pas seulement dans la villa. IMI est d'abord une maison de tuyauterie industrielle : ses soudeurs sont certifiés EN ISO 9606 (Lloyd's Register), et l'équipe de quatorze techniciens intervient aussi bien sur des bâtiments administratifs, des écoles et des hôpitaux que sur des maisons individuelles. C'est elle qui a soudé et posé les conduites du réseau de chaleur à distance de la Ville de La Chaux-de-Fonds, secteur de la gare, avec l'opérateur Vadec.
Pour votre pompe à chaleur, ça change trois choses :
- L'hydraulique est faite par des gens dont c'est le métier premier. Le circuit, les raccordements, l'équilibrage : ils font ça toute l'année sur des réseaux autrement plus exigeants qu'une villa. Dans une région où la saison de chauffe est parmi les plus longues du pays, c'est le réglage qui fait la facture.
- Votre maison est à radiateurs ? Ils posent du chauffage au sol fraisé — le sol chauffant rainuré dans la chape existante, sans tout casser. C'est souvent ce qui sépare une pompe à chaleur qui consomme d'une pompe à chaleur qui tient ses promesses.
- Si la pompe à chaleur n'est pas la bonne réponse chez vous, ils vous le diront. Ils posent aussi des raccordements au chauffage à distance : ils n'ont aucune raison de vous vendre l'un plutôt que l'autre.
Entreprise vérifiable : la raison sociale, l'adresse et le numéro IDE ci-contre sont ceux du registre du commerce.
Ce que disent leurs clients
Avis publiés par des clients d'IMI Industrie, notre entreprise partenaire — ce ne sont pas des avis sur cette plateforme. Relevés le 13 août 2026 : 5,0 ★ sur 4 avis publics.
★★★★★
« L'entreprise IMI est intervenue pour le remplacement complet de mon système de chauffage. Du début à la fin, l'expérience a été irréprochable. Les délais ont été parfaitement respectés. Les travaux ont été effectués de manière très propre et organisée : aucun désordre après leur passage. »
Henri Thuau — il y a 6 mois
★★★★★
« Les travaux ont été réalisés avec beaucoup de sérieux et de professionnalisme. Monsieur Berisha a su coordonner l'ensemble du chantier avec efficacité, tout en respectant les délais et en restant attentif aux détails. Le résultat final va au-delà de nos attentes. »
Mario Foffa, 1030 Bussigny — il y a 3 mois
Vos questions, réponses simples
Les chauffages électriques seront-ils interdits en 2033 dans le canton de Vaud ?
Non. Le décret vaudois, le DACCE, impose d'assainir les chauffages et chauffe-eau électriques d'ici au 1er janvier 2033. C'est une obligation de remplacer l'installation dans ce délai, pas une interdiction de la posséder. Il faut aussi savoir que la directive d'application du décret est suspendue depuis un recours déposé en janvier 2025 : le décret et le devoir d'annonce restent en vigueur, mais le canton ne délivre aujourd'hui ni attestation, ni dérogation, ni prolongation. Méfiez-vous de quiconque vous promet le contraire.
J'ai une chaudière électrique et des radiateurs à eau : faut-il tout refaire ?
Non, et c'est la bonne nouvelle. Votre réseau de distribution existe déjà : les radiateurs, les tuyaux et les vannes restent en place, la chaudière électrique se dépose, et la pompe à chaleur se raccorde sur les mêmes départs. Il n'y a ni citerne à découper ni cheminée à condamner. Le seul point à étudier est la température de départ nécessaire : selon la surface de vos radiateurs, il arrive qu'il faille en remplacer quelques-uns dans les pièces les plus difficiles à chauffer.
Combien de maisons sont concernées dans la Vallée de Joux ?
Le registre fédéral des bâtiments recense environ cent trente-cinq bâtiments d'habitation chauffés par une chaudière électrique alimentant des radiateurs à eau, sur un parc d'environ deux mille cent. Ils sont très inégalement répartis : ils représentent près de 17 % du parc à L'Abbaye et environ 14 % au Pont, deux villages du bord du lac. Le chauffage électrique direct, sans aucun circuit d'eau, est en revanche marginal ici, avec huit bâtiments recensés.
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