La pompe à chaleursur l'eau
Deux lacs devant la porte, et une réponse qui n'est pas celle qu'on espère. Voici ce que dit le droit vaudois, sans rien promettre.
Deux familles très différentes sous un même nom
« Eau-eau » désigne en réalité deux techniques que le droit du canton de Vaud traite séparément, avec deux services cantonaux différents et deux procédures différentes. Les confondre est l'erreur la plus fréquente sur ce sujet, et elle fait perdre des mois.
Le pompage à la nappe puise dans une eau souterraine. Il demande en général deux forages de 10 à 50 mètres : un puits de pompage et un puits de restitution. Le dossier relève de la division des eaux souterraines du canton, DGE-GEODES.
Le pompage d'eau de surface puise dans un lac ou un cours d'eau. Ici, cela signifie le lac de Joux ou le lac Brenet. Le dossier relève d'un autre service : la division Ressources en eau et économie hydraulique de la Direction générale de l'environnement, DGE-EAU, section Gestion du domaine public des eaux.
Dans les deux cas, le texte de référence est le règlement vaudois sur l'utilisation des pompes à chaleur du 31 août 2011, connu sous les sigles RPCh et RPCL, et dans les deux cas la dispense de permis de l'art. 68c RLATC ne s'applique pas : le sol-eau et l'eau-eau en sont expressément exclus.
La nappe : une procédure en trois temps, et l'eau potable passe devant
Le canton décrit un parcours précis, et il vaut mieux le connaître avant de s'engager.
- Le questionnaire 65b, déposé auprès de la division des eaux souterraines, qui rend un préavis de faisabilité. C'est la première marche, et c'est elle qui dit si le projet mérite d'aller plus loin.
- Un puits de pompage d'essai, autorisé séparément, réalisé sous la direction d'un bureau d'hydrogéologues. Il s'agit de mesurer le débit réel et la stabilité de la ressource, pas de l'estimer.
- Une concession, qui peut être octroyée si les essais sont concluants — et elle est octroyée après enquête publique, conformément à la loi vaudoise sur l'utilisation des lacs et cours d'eau dépendant du domaine public.
Le canton pose par ailleurs une règle qui décide de beaucoup de dossiers : en raison de la priorité donnée à l'utilisation des eaux souterraines du domaine public pour l'alimentation en eau potable, les conditions d'autorisation nécessitent une analyse particulière. Autrement dit, pomper la nappe n'est pas une variante « comme une autre ». Il faut un préavis, puis un puits d'essai suivi par un hydrogéologue, puis une concession accordée après enquête publique. L'eau de boisson passe avant le chauffage, et le règlement le dit à ses articles 8 et 9.
Ajoutez-y le sous-sol de la vallée : un calcaire fissuré où l'eau circule vite, où les circulations sont mal cartographiées et où les entonnoirs de Bon Port avalent l'Orbe pour la restituer plus loin. Ce n'est pas un terrain où l'on improvise un pompage. La question du karst est développée sur la page consacrée à la sonde géothermique verticale, qui rencontre exactement les mêmes contraintes de sous-sol.
Les deux lacs : la question revient tout le temps, et la réponse est non
Le lac de Joux et le lac Brenet sont là, devant les maisons, gelés certains hivers, et tout le monde y pense. Il faut donc répondre franchement, en s'appuyant sur le texte plutôt que sur l'intuition.
Le règlement vise expressément les pompages aux lacs à son art. 2 al. 2 : ils exigent une autorisation du département en charge de la protection des eaux, et aucun travail ne commence avant elle. Son art. 11, intitulé « Utilisation des lacs », énumère les conditions que doit remplir une installation de captage. Elle doit permettre son entretien périodique ; résister à toute détérioration mécanique pouvant résulter de l'effet des vagues ; ne pas entraver la navigation, l'accès au rivage, la baignade et la pêche ; rendre possible, en cas de besoin, le montage d'un appareillage de surveillance. Et son alinéa 2 est sans ambiguïté : l'eau prélevée doit être restituée au lac, et le choix de l'emplacement doit tenir compte des courants locaux et empêcher une stratification locale des températures.
Lisez cette liste une seconde fois et vous verrez ce qu'elle décrit : un ouvrage de réseau, pas un chantier de villa. Le lac appartient au domaine public ; les restrictions d'utilisation de ce domaine sont réservées, comme le sont les droits des tiers. Être riverain ne donne aucun droit sur l'eau du lac. C'est une idée reçue tenace, et elle est fausse : la propriété d'une parcelle en bord d'eau ne crée aucune prérogative sur une ressource publique.
Il existe un argument encore plus décisif, et il est local. L'association intercommunale ValRégiEaux, créée le 8 septembre 2020, distribue l'eau des trois communes de la vallée et étudie la création d'une station de pompage et de filtration dans le lac, entre le secteur des Bioux et celui de L'Abbaye, afin de sécuriser l'eau potable de toute la Vallée de Joux. En juillet 2026, la commune du Chenit a publié des restrictions d'utilisation de l'eau potable, décidées avec les municipalités, afin de préserver les ressources de l'aquifère local. Quand l'eau de boisson et le chauffage se disputent la même ressource, le droit vaudois tranche pour l'eau de boisson.
Nous ne connaissons aujourd'hui aucune installation thermique en service sur le lac de Joux ou sur le lac Brenet, et aucun projet de ce type n'a pu être établi. Nous ne l'affirmons donc ni dans un sens ni dans l'autre : nous disons simplement ce que nous n'avons pas trouvé. C'est le sujet de notre guide consacré au lac de Joux comme source de chaleur.
Ce que le canton reconnaît quand même à l'eau-eau
Rien de tout cela ne signifie que la technique est mauvaise. Au contraire : une source d'eau offre une température plus stable et plus élevée que l'air en plein hiver, ce qui se traduit par un meilleur rendement quand il gèle. Le canton le reconnaît explicitement dans les conditions de son Programme Bâtiments, où la fiche M-06 admet parmi les sources de meilleure qualité que l'air extérieur la chaleur du sous-sol, celle des eaux souterraines et celle des eaux de lac, ainsi que la chaleur issue d'un accumulateur de glace.
Deux détails techniques utiles quand vous lirez un dossier. Le point de fonctionnement retenu pour le calcul cantonal est W10/W34 pour une machine eau-eau, contre B0/W34 pour une saumure-eau et A-7/W34 pour une air-eau : trois points d'essai différents, qu'on ne compare pas entre eux. Et le certificat « PAC système-module » est demandé pour le versement lorsque la machine ne dépasse pas 15 kW — condition de paiement, jamais condition de légalité. Le détail des mesures figure sur la page des mesures du canton, sans aucun montant : les barèmes évoluent, et le document officiel du Programme Bâtiments 2026 fait foi.
Une dernière différence, rarement expliquée et pourtant décisive à l'usage : une sonde géothermique est un circuit fermé, tandis qu'un pompage est un circuit ouvert. Dans un circuit ouvert, l'eau du milieu naturel traverse réellement l'installation. Elle apporte donc ses particules, son fer, son manganèse et sa biologie, et l'échangeur doit être conçu, protégé et nettoyé en conséquence. C'est un point d'entretien permanent, pas un réglage de mise en service. Dans une vallée où les eaux sont karstiques et parfois chargées après les fortes pluies, cela pèse dans la décision autant que la procédure administrative. Un dossier eau-eau se juge donc sur trois plans à la fois : le droit, la ressource, et la maintenance sur vingt ans.
Alors, pour votre maison, on fait quoi ?
Dans l'immense majorité des cas de la vallée, la réponse honnête est : une machine qui prend sa chaleur dans l'air extérieur. Elle se pose partout, sans concession d'eau, sans enquête publique et sans étude hydrogéologique, et le canton écrit lui-même qu'elle n'est pas de nature à porter préjudice aux eaux souterraines. C'est un argument sérieux dans une vallée karstique où l'eau potable est sous tension.
Si votre parcelle le permet, la seconde option raisonnable reste la sonde verticale, avec la limitation de profondeur propre au Jura vaudois à vérifier d'abord. Les ordres de grandeur des trois familles sont réunis sur la page des budgets de pose.
Et si vous voulez creuser une piste eau-eau malgré tout — un ancien puits, une source captée, un débit connu de longue date sur votre terrain du côté du Pont — dites-le au premier rendez-vous. Nous vous dirons franchement si le dossier tient, et sinon nous vous le dirons aussi. Vous pouvez aussi passer par la page du chauffagiste de la vallée pour poser directement votre question. Le pire scénario, dans ce domaine, c'est d'engager un forage avant d'avoir un préavis.
IMI Industrie
IMI Sàrl
Chemin du Grandchamp 7, 1018 Lausanne
CHE-316.232.256
Qui viendra chez vous
Les demandes déposées sur ce site partent chez IMI Industrie (IMI Sàrl), entreprise lausannoise inscrite au registre du commerce sous le n° CHE-316.232.256, dirigée par son fondateur Ibrahim Berisha.
Vingt ans de métier, et pas seulement dans la villa. IMI est d'abord une maison de tuyauterie industrielle : ses soudeurs sont certifiés EN ISO 9606 (Lloyd's Register), et l'équipe de quatorze techniciens intervient aussi bien sur des bâtiments administratifs, des écoles et des hôpitaux que sur des maisons individuelles. C'est elle qui a soudé et posé les conduites du réseau de chaleur à distance de la Ville de La Chaux-de-Fonds, secteur de la gare, avec l'opérateur Vadec.
Pour votre pompe à chaleur, ça change trois choses :
- L'hydraulique est faite par des gens dont c'est le métier premier. Le circuit, les raccordements, l'équilibrage : ils font ça toute l'année sur des réseaux autrement plus exigeants qu'une villa. Dans une région où la saison de chauffe est parmi les plus longues du pays, c'est le réglage qui fait la facture.
- Votre maison est à radiateurs ? Ils posent du chauffage au sol fraisé — le sol chauffant rainuré dans la chape existante, sans tout casser. C'est souvent ce qui sépare une pompe à chaleur qui consomme d'une pompe à chaleur qui tient ses promesses.
- Si la pompe à chaleur n'est pas la bonne réponse chez vous, ils vous le diront. Ils posent aussi des raccordements au chauffage à distance : ils n'ont aucune raison de vous vendre l'un plutôt que l'autre.
Entreprise vérifiable : la raison sociale, l'adresse et le numéro IDE ci-contre sont ceux du registre du commerce.
Ce que disent leurs clients
Avis publiés par des clients d'IMI Industrie, notre entreprise partenaire — ce ne sont pas des avis sur cette plateforme. Relevés le 13 août 2026 : 5,0 ★ sur 4 avis publics.
★★★★★
« L'entreprise IMI est intervenue pour le remplacement complet de mon système de chauffage. Du début à la fin, l'expérience a été irréprochable. Les délais ont été parfaitement respectés. Les travaux ont été effectués de manière très propre et organisée : aucun désordre après leur passage. »
Henri Thuau — il y a 6 mois
★★★★★
« Les travaux ont été réalisés avec beaucoup de sérieux et de professionnalisme. Monsieur Berisha a su coordonner l'ensemble du chantier avec efficacité, tout en respectant les délais et en restant attentif aux détails. Le résultat final va au-delà de nos attentes. »
Mario Foffa, 1030 Bussigny — il y a 3 mois
Vos questions, réponses simples
Puis-je chauffer ma maison avec l'eau du lac de Joux ?
En pratique, non. Le règlement vaudois sur l'utilisation des pompes à chaleur soumet tout pompage en lac à une autorisation préalable, impose la restitution de l'eau au lac et interdit d'entraver la navigation, l'accès au rivage, la baignade et la pêche. C'est un ouvrage de réseau, pas une installation de villa, et le lac appartient au domaine public.
Habiter au bord de l'eau donne-t-il un droit particulier ?
Non, aucun. C'est une idée reçue fréquente et elle est fausse. La propriété d'une parcelle riveraine ne crée aucune prérogative sur une ressource publique. De plus, le lac est étudié comme future ressource d'eau potable pour toute la vallée, et le droit vaudois fait passer l'eau de boisson avant le chauffage.
Combien de temps prend un dossier de pompage à la nappe ?
Cela se compte en mois, pas en semaines. Il faut d'abord un préavis de faisabilité sur la base du questionnaire 65b, puis un puits de pompage d'essai dirigé par un bureau d'hydrogéologues, puis, si les essais sont concluants, une concession octroyée après enquête publique. Aucun travail ne commence avant l'autorisation.
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